Agence Taxi Sud Toulousain :
un taxi à Toulouse au plus près de vos besoins

< Retour aux actualités

UBER & Consorts : dérèglementation à tout va !

03/07/2015

UBER promet la Lune au chauffeur du dimanche, AIRBNB fait miroiter au baroudeur des petits coins de campagne pour quelques dizaines d'euros. Cette activité qui se développe en détruisant les activités similaires dans leur version réglementée conduit donc à détruire des emplois salariés ou libéraux pour faire entrer des gens dans un système où ils ne sont plus rien d'autre qu'autoentrepreneurs. En outre, ce phénomène prive les caisses de cotisations sociales de rentrées conséquentes. Ce sont plusieurs pans de l'économie, si "l'ubérisation" devait s'étendre davantage, qui disparaitraient ainsi de l'économie formelle. L'Etat également perd des recettes fiscales.

Le modèle de ces start-up repose sur la réduction drastique des coûts de production. AIRBNB n'a pas besoin d'acheter de logements, puisqu'il met en location le vôtre. UBER n'a aucun intérêt à investir dans une flotte de véhicules, puisque les chauffeurs utilisent leur propre voiture. En outre, la société UBER joue sur les difficultés quotidiennes rencontrées par des salariés du fait de l'insuffisance de leurs revenus pour faire son marché, à l'image de l'explosion du crédit revolving à partir des années 1990.

Cette concurrence sauvage n'est rien d'autre que la loi de la jungle. C'est celui qui est le premier, le plus malin, et qui sait utiliser les failles des systèmes juridiques et sociaux des pays où il s'implante, qui rafle tout. En détruisant des activités économiques et des emplois au passage. UBER a pour particularité de n'employer aucun salarié, dans un pays comme la France doté d'un Code du Travail que beaucoup voudraient réduire à quelques feuilles... Autoentrepreneurs, ces "collaborateurs" se débrouillent pour se déclarer eux-mêmes. Ils peuvent perdre ce gagne-pain sans autres formalités qu'une désactivation de leur compte sur l'application. UBER et les autres sociétés du même type ne se chargent évidemment pas de leur fournir une protection sociale, et ces groupes ne payent pas d'impôts en France.

Depuis l'entrée en vigueur de la loi Thévenoud en janvier dernier, des activités comme celles d'UBERPOP sont interdites. Sauf que UBER veut profiter du flou juridique qui découle des recours déposés en justice contre cette loi. En début de semaine, deux dirigeants d'UBER ont été placés en garde à vue et déférés au parquet. On apprend aujourd'hui même que la société UBER a décidé de suspendre l'application UberPop, en attendant le résultat de ses recours juridiques. Mais il ne suffit pas de dire que l'on va interdire UberPop comme l'a annoncé le gouvernement. Il faut aller plus loin et s'inspirer de l'exemple californien : récemment, cet Etat a reconnu que les chauffeurs de la société UBER étaient des salariés à part entière, et non des travailleurs indépendants, suite au jugement d'un tribunal ayant donné raison à un ex-chauffeur. Si ce type de jugement se généralisait, il mettrait en péril le modèle même d'UBER.